menu
DEBUG
L'école > Actualités > Article Paris-Normandie Paru le 12 Janvier 2010
Article Paris-Normandie Paru le 12 Janvier 2010
<

Premier pas vers l'espace

VAL-DE-REUIL.L'école d'ingénierie des sciences aérospatiales Elisa a été inaugurée avec un invité d'honneur, l'astronaute Jean-François Clervoy.

Sa plus belle expérience : voir la terre depuis l'espace. « C'est... wahou. On a à la fois un sentiment de puissance, et un sentiment d'humilité devant l'immensité de la terre, raconte l'astronaute Jean-François Clervoy, qui a effectué trois missions dans l'espace. On se rend compte que la Terre est un être vivant. » Vendredi, il est venu expliquer ce qu'est vivre et travailler dans l'espace aux étudiants de l'école d'aéronautique Elisa. Une intervention très attendue, qui a clos l'inauguration de l'école.

 

Une nouvelle école

Ouverte en septembre dernier, Elisa compte aujourd'hui quatre-vingt-treize élèves, et une cinquantaine de professeurs. Elle offre une formation en cinq ans, dont deux ans de cycle préparatoire. « Il existait des bouts de formation, mais rien de global alors que la Haute-Normandie est la troisième région française du secteur aéronautique et spatial, souligne Chantal de Turckheim, la présidente de l'école. Nous sommes quatre parents à nous être rencontrés au cours d'une manifestation étudiante. Nous avions chacun un enfant, passionné par l'espace, qui nous a demandé de créer une école. Et nous nous sommes lancés. »
Une création synonyme de bonne nouvelle pour Jean-François Clervoy. « Nous manquons de plus en plus d'ingénieurs dans notre domaine, une nouvelle école est la preuve qu'il y a de jeunes passionnés pour prendre la relève, c'est bon signe. »

Aérodynamique, mécanique spatiale, mathématiques de l'ingénieur, mécanique des fluides, anglais ou encore techniques de simulation, la formation allie cours magistraux, travaux pratiques et stages en entreprise. « Les futurs experts doivent apprendre la technique, c'est-à-dire savoir comment concevoir et comment fonctionne un avion, une fusée, un satellite, explique l'astronaute. Ils doivent aussi apprendre à travailler en équipe, à partager les tâches. Et bien sûr, il faut leur enseigner la rigueur. Qu'on soit sur terre ou dans l'espace, l’ingénieur n'a pas le droit à l'erreur. »

 

Des bases solides

L'école Elisa, qui travaille en concertation avec les industries de la région, vient de recevoir l'habilitation de percevoir la taxe d'apprentissage pour les établissements de troisième cycle et écoles d'ingénieurs. « C'est la première reconnaissance de l'Etat parmi celles que l'on veut obtenir », souligne Chantal de Turkheim. Quatre mois seulement après sa création, l'école regarde vers l'avenir. « Nous avons pour projet de grandir, et de développer les savoirs, ajoute-t-elle. A la rentrée prochaine, nous comptons développer des laboratoires de recherche, comme par exemple celui de la mécanique des fluides, une soufflerie et un banc d'essai de turbo réacteur. »

Recherche et développement, production, maintenance, essais, les étudiants pourront travailler dans différents secteurs comme l'aérospatiale, les transports terrestres et maritimes, les télécommunications... « Il faut qu'ils restent passionnés, et qu'ils cherchent au fond d'eux-mêmes ce qu'ils veulent faire, conseille Jean-François Clervoy. Quand j'étais en primaire, mon professeur m'a dit qu'on pourrait aller un jour en vacances sur la lune, je l'ai cru. » Lucie, Clément, Tanguy, Thibaut, ils écoutaient tous, vendredi, l'astronaute avec admiration. Eux aussi, peut-être, iront un jour dans l'espace.

 

Gaelle Carcaly

 

Jean-François Clervoy a effectué trois missions dans l'espace. En 1994 à bord de la navette spatiale Atlantis pour observer la composition de l'atmosphère terrestre, en 1997 à bord de la même navette à destination de la station Mir, et en 1999 comme ingénieur de vol pour une mission de réparation du télescope spatial Hubble.