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Paris Normandie - ELISA remise des dîplomes au LRBA
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Lors de sa cérémonie de remise de diplômes au mess-hôtel, l'Elisa a confirmé vouloir s'installer sur le site du LRBA et créer un pôle dédié à l'aérospatiale.


Tout un symbole. Il y a quelques jours, au mess-hôtel du plateau de l'espace, se tenait la cérémonie de remise de diplômes de la promotion Jacques Blamont de l'Elisa, l'école d'ingénierie des sciences aérospatiales. A cette occasion, les futurs ingénieurs ont posé le pied pour la première fois au LRBA, un site qu'ils pourraient fréquenter quotidiennement dans les années à venir. Car si l'Elisa a décidé d'organiser sa cérémonie de remise de diplômes au LRBA, c'est parce que l'école s'intéresse de très près au devenir du site et compte bien s'y implanter d'ici la rentrée 2012. Actuellement à l'étroit au cœur de Val-de-Reuil, l'Elisa a pour ambition de doubler à court terme ses effectifs en s'installant sur ce plateau à l'histoire remarquable.


« Ce lieu exceptionnel doit continuer de vivre, a martelé Chantal de Turckheim, présidente de l'école, devant une assemblée. Bientôt les lieux vont se vider mais nous voulons être au rendez-vous dans deux ans pour participer à la revitalisation du LRBA. C'est un vrai challenge mais nous sommes prêts et nous avons notre place ici. »


Grand défenseur du projet, Gérard Volpatti, président de la communauté d'agglomération des portes de l'Eure, a donné de la voix pour marquer sa volonté de sauver le site. « Ces lieux ont une histoire et ce serait vraiment dommage de les voir disparaître. Ce site se prête à ce genre d'activité et à l'accueil d'étudiants. Par la même, nous sommes prêts à vous aider dans votre démarche. »


Comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, l'implantation de l'école d'ingénierie pourrait s'accompagner de la création d'un centre de ressources, de documentation et d'information mais aussi de la venue de quelques entreprises du secteur de la haute technologie. « Il y a déjà plusieurs demandes, confie Chantal de Turckheim. Des entreprises sollicitent leur place sur le site du LRBA. Notre but est de rassembler les synergies, de créer des passerelles entre d'autres activités, voire d'autres écoles. On pourrait très bien imaginer des écoles d'informatique ou d'électronique ici. Avec la proximité de Snecma et le projet du musée de l'Espace, on pourrait créer un véritable pôle aérospatial sur ce site. » Et la pétillante présidente de souligner que l'esquisse d'un autre musée, dédié à la haute technologie cette fois-ci, se dessine également. La tête dans les étoiles, des rêves plein les yeux, Chantal de Turckheim a néanmoins les pieds sur terre. « Il n'y a aucune raison pour laquelle notre projet ne se réalise pas. »

 

Acteur de la recherche spatiale

L'aérospatiale et Vernon, c'est déjà une vieille histoire. Le laboratoire de recherches balistiques et aérodynamiques (LRBA) est depuis sa création en 1946 l'un des acteurs principaux de la recherche dans ce domaine.
Sur ce plateau forestier transformé en champ de tir par le ferronnier d'art Edgar Brandt, environ soixante-quinze ingénieurs et techniciens allemands en provenance de Peenemünde sont recrutés par le gouvernement français. Ils arrivent début 1947 à Vernon, encadrés par quelques ingénieurs militaires français. Les activités du LRBA prennent rapidement de l'ampleur, aussi bien dans le domaine militaire que civil.

 

A la fin des années 1950, de retour au pouvoir, le général de Gaulle décide de doter la France d'une force de dissuasion. Le LRBA participe aux travaux sur le missile balistique mais également sur la navigation des sous-marins nucléaires.
Dans la foulée, il est décidé de réaliser un lanceur de satellite français. Le LRBA a la charge du premier étage, les deuxième et troisième étant directement issus des travaux sur les missiles balistiques.
Le 26 novembre 1965, ce lanceur, baptisé Diamant, place le satellite Astérix sur orbite. Une date historique qui propulse la France au troisième rang des puissances spatiales et lui confère le rôle important qu'elle occupe aujourd'hui encore dans l'aventure spatiale européenne. A la fin des années 1960, le LRBA est un des principaux acteurs du spatial en France.

 

Un musée ?
En 1971, le ministère de la Défense décide de transférer au privé, les activités industrielles de cet établissement militaire. Les activités propulsion à ergols liquides sont transférées à la Société européenne de propulsion (SEP) avec la création d'une usine à Vernon.
La SEP, devenue aujourd'hui Snecma, poursuit la mission du LRBA en devenant le principal motoriste des lanceurs Ariane.
Si Vernon est attachée à l'histoire de la conquête spatiale française et européenne, l'Association pour la valorisation de l'aventure spatiale européenne (Avas) aimerait bien voir aboutir un projet de création d'un musée de l'aérospatiale à l'ancienne soufflerie du LRBA. Mais pour cela, il faudrait que les préconisations du futur plan de prévention des risques technologiques du voisin Snecma permettent de le faire...